Kokolampoe

CENTRE DRAMATIQUE


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Le nom KOKOLAMPOE signifie en langue bushinengué : petite lampe à pétrole, lumignon, autour duquel les enfants font encore leurs devoirs, et plus tard dans la soirée, les adultes à leur tour forment le cercle pour raconter des histoires. Ce système d’éclairage est aujourd’hui utilisé dans les petits villages en Guyane et au Surinam, et autrefois aux Antilles.
C’est la plus petite unité d’éclairage.
C’est aussi, pour nous, gens de théâtre, un point de convergence possible des cultures.


Grande place - camp de la Transportation - St-Laurent du Maroni - Guyane

Grande place – camp de la Transportation – St-Laurent du Maroni – Guyane

Kokolampoe

Le projet Kokolampoe dans sa dimension multiculturelle et sa volonté de travailler avec les identités plurielles s’est installé dans un lieu hautement symbolique, le bagne de Saint-Laurent du Maroni.
Ce camp de la Transportation était le quartier général du bagne de Guyane jusque dans les années 1950. Des milliers de bagnards condamnés aux travaux forcés, dans le cadre de la « colonisation pénale » ont transité par ce camp pour être dirigés ensuite vers d’autres sites (Cayenne, les Iles du Salut). Seuls demeuraient à Saint-Laurent du Maroni, les transportés, condamnés à perpétuité.

Kokolampoe inverse le sens de l’Histoire en installant ici, non pas un théâtre clos, réservé à une élite, mais un théâtre ouvert sur le monde, consacré d’abord à toutes les formes du théâtre, ensuite destiné à tous les publics… Un théâtre équitable, inverse d’un « théâtre carcéral ».

Nathalie Laulé-Service communication

theatre-de-poche-kokolampoeLe théâtre de la Case n°8 – Camp de la Transportation


Le travail de Kokolampoe sur les auteurs, la parole et l’écriture trouve aussi un écho unique dans cette implantation géographique. En bordure du fleuve, frontière (avec le Surinam), la population de Saint-Laurent du Maroni est en effet une population pluriethnique, constituée de communautés, créoles, noires et amérindiennes, de descendants de la colonie pénitentiaire, de communautés chinoise, hmong, javanaise, brésilienne, haïtienne mais aussi des réfugiés Surinamais.
Toutes ces communautés rassemblées sur ce même territoire forment un bassin culturel hors du commun sur le plan de la langue, de l’imaginaire et de la transmission.

Une équipe : la Compagnie KS and Co

La Cie KS and CO, initiatrice du projet Kokolampoe, est installée en résidence en Guyane et plus précisément à Saint-Laurent du Maroni, depuis 2002.
Plusieurs créations (La Mandragore, La Route), des formations aux métiers de la scène, des formations dédiées au jeune public, des stages et de nombreux échanges ont pu être montés. Les cases 8 et 9 du Camp de la Transportation ont été progressivement transformées en espaces de prise parole où chacun peut venir s’exprimer : un théâtre a ainsi vu le jour.

a-petites-pierres-40À petites pierres de Gustave Akakpo, mise en scène : Ewlyne Guillaume (création 2015)

Consciente de ce dynamisme et de l’opportunité de la présence de la seule compagnie professionnelle de théâtre de Guyane, la Ville de Saint-Laurent du Maroni a œuvré à l’émergence de la scène conventionnée. Grâce à la volonté de la Ville de Saint-Laurent du Maroni, de la DRAC Guyane et de la Cie KS and CO ce projet peut voir le jour aujourd’hui.


Démographie et multiculturalisme

source INSEE
 
Une population en constante augmentation.
En un demi-siècle la population de la Guyane est passée de 28 000 à 200 000 habitants (seuil atteint en 2006). La population est jeune (50 % a moins de 25 ans), en rapide augmentation du fait d’un accroissement naturel important et d’une forte poussée migratoire.
L’essentiel de la population est concentrée sur la bande côtière. Plus de la moitié des habitants réside dans l’Ile de Cayenne. Quant à la capitale elle regroupe plus un tiers de la population totale. La région du Maroni à l’Ouest constitue le deuxième pôle de peuplement, le troisième étant la ville de Kourou.

Une multitude de nationalités et d’identités.
La Guyane accueille une quarantaine de nationalités sur son territoire, des identités particulièrement variées étant elle-même réunies sous la nationalité française.
Peuvent être notamment identifiés :

  • les Créoles (40 % de la population).
  • les Amérindiens répartis en 6 ethnies (Awaraks, Palikurs, Kaliéna, Wayanas, Wayampis, Emérillons), soit environ 4 500 personnes.
  • les Noirs Marrons (Aluku, Saramaca, Paramaca, Djuka), soit environ 4 000 personnes.
  • les Hmongs arrivés en 1977, ont été regroupés sur les communes de Roura (village de Cacao) et de Mana (village Javouhey).
  • les Métropolitains représentent environ 12 % de la population.
  • les autres populations (Chinois, Libanais, Brésiliens, Haïtiens, Surinamais, Guyaniens, Dominicains, Hindoustanis, Javanais) représentent près de 40 % de la population de Guyane.

Un grand nombre de clandestins séjournent en Guyane, cette population d’origine étrangère est estimée entre 30 000 et 50 000 personnes.
Les projections laissent penser que la population de Guyane pourrait atteindre 425 000 habitants en 2030.