CENTRE DRAMATIQUE

Case N° 8, Camp de la Transportation
Saint-Laurent du Maroni

Le projet Kokolampoe dans sa dimension multiculturelle et sa volonté de travailler avec les identités plurielles s’est installé dans un lieu hautement symbolique, le bagne de Saint-Laurent du Maroni. Ce camp de la Transportation était le quartier général du bagne de Guyane jusque dans les années 1950. Des milliers de bagnards condamnés aux travaux forcés, dans le cadre de la « colonisation pénale » ont transité par ce camp pour être dirigés ensuite vers d’autres sites (Cayenne, les Iles du Salut). Seuls demeuraient à Saint-Laurent du Maroni, les transportés, condamnés à perpétuité. Kokolampoe inverse le sens de l’Histoire en installant ici, non pas un théâtre clos, réservé à une élite, mais un théâtre ouvert sur le monde, consacré d’abord à toutes les formes du théâtre, ensuite destiné à tous les publics. Un théâtre équitable, inverse d’un « théâtre carcéral ».
 
Le travail de Kokolampoe sur les auteurs, la parole et l’écriture trouve aussi un écho unique dans cette implantation géographique. En bordure du fleuve frontière (avec le Surinam) la population de Saint-Laurent du Maroni est en effet une population pluriethnique, constituée de communautés, créoles, noires et amérindiennes, de descendants de la colonie pénitentiaire, de communautés chinoise, hmong, javanaise, brésilienne, haïtienne mais aussi des réfugiés Surinamais.
 
Toutes ces communautés rassemblées sur ce même territoire forment un bassin culturel hors du commun sur le plan de la langue, de l’imaginaire et de la transmission.
 

DE LA NÉCESSITÉ D’UN CENTRE DRAMATIQUE DROM

Décentralisation théâtrale
La décentralisation théâtrale ou décentralisation dramatique est une politique culturelle française, initiée sous la Quatrième République, visant à développer la production et la diffusion théâtrale dans les régions.
 
Missions
Leur « mission de création théâtrale dramatique d’intérêt public » s’exerce dans une « zone définie par le contrat » de décentralisation cosigné par le directeur qui doit « faire de son centre un lieu de référence nationale et régionale pour la création et l’exploitation des spectacles créés par son équipe », « s’efforcer de diffuser des œuvres théâtrales de haut niveau », « rechercher l’audience d’un vaste public et la conquète de nouveaux spectateurs », tout en une prêtant une attention particulière à la sauvegarde des métiers spécifiques du théâtre et en accordant « une priorité à la formation et à l’initiation au théâtre en menant des actions conjointes avec les établissements scolaires et les universités de sa zone d’activité »), ceci selon des modalités précisées dans la suite de l’arrêté de 1995.

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Un département et région d’outre-mer (DROM ou anciennement DOM) est un type de collectivité territoriale française, créé par la Constitution du 27 octobre 1946 et maintenu par la Constitution du 4 octobre 1958 (article 73). Il s’applique à la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Mayotte et La Réunion, dont les habitants ou les personnes qui en sont originaires peuvent être qualifiés de « domiens » ou d’« ultramarins ». Contrairement aux collectivités d’outre-mer, les départements et régions d’outre-mer disposent du même statut qu’un département ou une région métropolitaine, les lois et réglements français y sont donc applicables de plein droit même si certains textes peuvent prévoir des adaptations en fonction de caractéristiques ou contraintes spécifiques à ces territoires.
 
Les DROM, sont aussi des régions d’outre-mer, c’est-à-dire des collectivités territoriales intégrées à la République française disposant des mêmes pouvoirs que les régions de la France métropolitaine. Depuis le 1er janvier 2014, tous les DROM sont des régions ultrapériphériques de l’Union européenne.
 
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© Philippe Ferrantdrom