DAÏTI, L’HOMME AU MILLE TOURS

Création théâtrale 2009
Compagnie KS and CO

UNE ÉPOPÉE DU PLATEAU DES GUYANES
D’après l’Odyssée d’Homère et des récits saramakas.
Mise en scène : Ewlyne Guillaume
Assistant à la mise en scène : Michel Bourgade
Écriture et dramaturgie : Ewlyne Guillaume
Traduction : Lienga Randolf

THEÂTRE


La Fable

Daïti, le héros saramaka, part à la recherche de soi, et endure des épreuves à la seule fin de se prouver à lui-même et à ses trois épouses qu’il est le plus fort dans tout l’univers. L’épopée de Daïti (à partir du collectage de dits et de contes saramakas), célèbre la bravoure et l’endurance, et la condition de l’homme. Elle raconte les mille ruses employées par Daïti pour se jouer de ses ennemis ou contourner des obstacles, l’utilisation, entre autre, d’un cheval de bois sculpté pour entrer dans une demeure interdite.
Et cela nous rappelle une autre œuvre mise en partie en confrontation, tout au long du spectacle en français et dans sa traduction en Saramaka : l’Odyssée d’Homère. Notre héros aime la magie, il est le roi de la métamorphose, de la ruse et de la tromperie, en cela encore, il est proche du héros de l’Odyssée.

DAÏTI UNE CRÉATION CONTEMPORAINE AU CŒUR DES CULTURES DU MONDE

Ce spectacle illustre la capacité de la Compagnie KS and CO à faire entrer en résonance les cultures du monde. Daïti est un spectacle très riche mêlant les nouvelles technologies aux chants et danses traditionnels : contes à plusieurs voix et dans plusieurs langues, danses guerrières empruntées au répertoire traditionnel saramaka et aux techniques de combat asiatiques, chants a capella, tambours Saramakas et tambours bélè, images animées et musiques enregistrées évoquent l’univers magique et sylvestre de Daïti. Un travail de collecte de contes Saramaka et de traduction a précédé la création, le polylinguisme y est privilégié (Saramaka, Français, Créole),

La distribution

Comédiens : Serge Abatucci, Michel Amiemba, Rosenal Geddeman, Carlos Rémie Seedo, Belisong Kwadjani
Scénographie : Manu Duro
Lumière : Michel Bourgade
Répétiteur : Kwantie Kwadjani
Danses guerrières : Manu Duro
Danses martiales : Serge Abatucci
Design sonore : Joël Henry


DAÏTI, L'HOMME AU MILLE TOURS - Compagnie KS and CO - Kokolampoe

© Denis RION

DAÏTI, L'HOMME AU MILLE TOURS - Compagnie KS and CO - Kokolampoe

© Denis RION


DAÏTI, L'HOMME AU MILLE TOURS - Compagnie KS and CO - Kokolampoe

© Denis RION


Travail sur la biomécanique

Travail sur la biomécanique

Travail sur la biomécanique


Notes sur la formation de l’acteur, travaux de recherches à partir du spectacle Daïti.
Nous nous sommes inspirés des travaux de Meyerhold sur la biomécanique en nous appuyant sur un socle propre à notre temps et à notre pays. Avec pour objet les dits épiques ou les contes ; par exemple : Daïti, une épopée à partir des « dits » saramaka croisée avec l’Odyssée d’Homère (traduction de Leconte de l’Isle).
 
Nous nous sommes appuyés sur le sens du sacré, la notion d’origine mythique chez les saramakas ; sur une notion du temps qui peuple le monde de présences sensibles, un temps qui convient au merveilleux, au fantastique. Nous avons cherché à développer l’expressivité de l’acteur, pour cela nous sommes partis des « pré-requis » des savoirs faire, de l’observation des mouvements de nos acteurs saramakas.
Par exemple nous notons :
  1. L’absence de mouvements « improductifs », une sorte d’ergonomie du geste.
  2. La rythmicité.
  3. La stabilité.
  4. L’aspect « dansant » de leur mouvement.
  5. L’engagement.
  6. L’endurance.

Nous avons exercé chez nos acteurs la capacité à organiser leur matériau artistique : l’art de la plasticité dans l’espace ; à être des constructeurs, à économiser les moyens d’expression, économie qui garantit la précision et peut-être la naissance d’un style. Pour ce qui concerne le travail sur l’acteur et ses émotions: nous avons privilégié la naissance de l’émotion de l’extérieur vers l’intérieur. La méthode qui consiste, pour former l’acteur, à agir sur la mémoire émotionnelle, sur tout ce qui concerne en fait l’organisation intérieure d’un être se heurte ici dans notre pratique à la pudeur créée par la barrière culturelle, codes de politesse, tabous… nous cherchons donc à inverser le processus : « Je vois un jaguar, j’ai peur, je cours, j’ai peur ».
Les arts de la danse, du bâton, les arts martiaux nous sont utiles et sont introduits, comme auxiliaires du cours de biomécanique. Au-delà et comme un conséquence naturelle, « l’alphabétisation » (sous forme d’échanges) des personnes non scolarisées.



 

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