Interview d'Alfred Alexandre

Alfred, qui êtes vous?

Je suis écrivain de Théâtre, Roman, Poésie et Essai.

Je suis aussi Dramaturge (au sens aussi de conseiller dramaturgique) . Directeur artistique de l’agence d’autrices et d’auteurs ETC Caraïbe (Écritures théâtrales contemporaines en Caraïbe).

Pourquoi l'écriture?

C’est à proprement parler ce qu’on appelle : un choix d’existence. A l’âge où se décide en faveur d’un métier, vers la fin de l’adolescence, j’ai fait le choix du métier d’écrivain.

Quel a été votre inspiration pour l'écriture de la nuit caribéenne?

L’errance est le thème central qui donne son unité à l’ensemble de mon travail : roman, poésie, théâtre, essai, scénario.

Les textes, qui bien entendu peuvent être lus pour eux-mêmes,  étant ordonnés autour de trilogies (trilogie de la ville, trilogie de l’intime, trilogie de l’exil). 

“La nuit caribéenne” est le deuxième volet de la trilogie que j’ai consacrée aux marges de la ville, comme allégorie des marges de nos sociétés caribéennes, en questionnement et errance idéologique, après le grand fracas des décolonisations de la deuxième partie du XXème siècle. 

Chaque texte est en résonance avec le texte d’un philosophe dont la pensée résonne en moi.

Pour “La nuit caribéenne” : il s’agit de “Les damnés de la terre” de Frantz Fanon, et notamment des chapitres consacrés aux bourgeoisies nationales issues de la période des décolonisations. L’un des deux personnages (en clin d’œil ironique : puisqu’il préfère à la promesse de libération nationale l’embourgeoisement de confort) s’appelant précisément Frantz.

Racontez nous votre rencontre avec kokolampoe

Le texte de théâtre est une main tendue, qui attend d’être saisie par la ou le metteur.e en scène qui va choisir de le faire exister sur scène. J’ai donc été très honoré et très touché que l’équipe ait fait le choix de monter mon texte “La nuit caribéenne”. 

Kokolampoe est une équipe (Ewelyne Guillaume, Serge Abatucci,  Emilie Blettery, ,…)  dont j’aime beaucoup l’énergie collective, la bienveillance, l’humour et l’intelligence créative.  C’est une équipe solaire, avec qui j’aime travailler.

On avait déjà collaboré sur le projet “Moi Kadhafi” de Véronique Kanor.  Et c’est avec plaisir que je les retrouve, avec, dans l’aventure  nos côtés, Philippe Calodat.

Parlez nous de votre actualité

Il y a  mon dernier texte “La Ballade de Leila Khane” (poésie), qui va être adapté pour la scène par Anne-Alex Psyché, fin 2022 me semble-t-il.

Il y a ma dernière pièce de théâtre “Au bout du pays” qui va être créée, vraisemblablement, en 2023, par José Exelis.

Mais dans l’immédiat, et là pour moi est la plus belle des actualités : il y a “La Nuit Caribéenne” qui sera mise en scène en avril par Ewelyne Guillaume, avec Serge Abatucci et Philippe Calodat, en avril, au Festival Les Tréteaux du Maroni. 

Une citation à partager?

“ Des îles de toutes tu diras que selon le cœur comparse d’oiseaux vertigineux longtemps longtemps cherchant entre les draps du sable la blessure au carrefour convoité de la mer affouillante”

Cette formule de Césaire (“des îles de toutes tu diras) , extraite du poème “Aux îles de tous vents”, ne me quitte jamais.  Elle résume à elle seule mon projet littéraire :  dire, ou à tout le moins, tenter de dire : notre Caraïbe contemporaine.

Dans ses fractures tout autant que dans sa fascinante capacité à se réinventer pour résister à toutes les forces (qu’elles soient naturelles ou impériales)  qui tentent de la renverser.

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