[GABARIT A DUPLIQUER – NE PAS MODIFIER] RENCONTRE AVEC SERGE ABATUCCI

[GABARIT A DUPLIQUER – NE PAS MODIFIER] RENCONTRE AVEC SERGE ABATUCCI

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CO-DIRECTEUR DU CENTRE DRAMATIQUE KOKOLAMPOE, COMÉDIEN, SCÉNOGRAPHE

Cette interview avait été réalisée et publiée en septembre 2020, sur notre page Facebook, à l’occasion de l’ouverture de la saison.

Qu’est-ce qu’un Centre dramatique ?

Les centres dramatiques nationaux sont nés en 1946, au lendemain de la libération. La politique de décentralisation théâtrale avait pour but de redynamiser les régions en apportant du lien social, à travers le théâtre populaire. Un des artistes précurseurs de ce mouvement fut Jean Villar, à qui l’on doit le festival d’Avignon. Par une démarche volontaire d’artistes et de politiques, le théâtre sort des « hauts lieux culturels » pour rencontrer la vie, entrer dans le quotidien des français.

Comment est née l’idée d’un Centre dramatique à Saint-Laurent ?

C’est véritablement la rencontre entre les artistes et Léon Bertrand, maire de Saint-Laurent à l’époque, qui a permis à cette structure de voir le jour. Tout d’abord sous le prisme de la musique, puis progressivement le théâtre a trouvé sa place, dans un projet structurant pour cet espace multiculturel. Il s’agissait d’accompagner les jeunes à écrire et dire leur culture, tel un laboratoire, d’où ont émergés les premiers acteurs qualifiés.

Quels sont les enjeux du label scène conventionnée ?

Kokolampoe scène conventionnée pour un théâtre équitable, se construit dans une idée de formation et de quête d’excellence. Si le conventionnement ministériel est une reconnaissance, c’est aussi un contrat d’objectifs :

– accueillir des spectacles nationaux (hexagone et dom), des résidences d’artistes venus du monde entier, mener des expérimentations pour l’exploration du théâtre sous toutes ses formes et dans tous ses métiers

– être dans la transmission à travers des formations universitaires de haut niveau et des masterclass, avec le partenariat de L’ENSAT, de l’université de Guyane et d’autres théâtres écoles de renom, et ainsi faire sortir des professionnels du spectacle qui vivent de leur art, malgré la conjoncture locale

– relever le défi de continuer à s’inscrire dans le melting-pot culturel et linguistique unique de l’ouest guyanais.

C’est cette synergie qui donne au centre dramatique Kokolampoe cette couleur si particulière et lui permet de contribuer au développement culturel et économique du territoire.

Quid de son encrage sur le territoire régional justement ?

Le centre dramatique Kokolampoe, établissement d’intérêt national, fruit de la politique de décentralisation, est d’autant plus imbriqué et impliqué dans le territoire, qu’il n’est pas soumis comme les CND, à la nomination ministérielle d’un directeur pour 3 ans.

Dans les Antilles et en Guyane, on assiste à la naissance d’un schéma régional fortement ancré dans son territoire, avec un dialogue qui se construit avec les pays de la caraïbe et le Suriname.

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Rencontre avec Serge Abatucci

Co-directeur du Centre dramatique Kokolampoe, comédien, scénographe

 

Cette interview avait été réalisée et publiée en septembre 2020, sur notre page Facebook, à l’occasion de l’ouverture de la saison.

Qu’est-ce qu’un Centre dramatique ?

Les centres dramatiques nationaux sont nés en 1946, au lendemain de la libération. La politique de décentralisation théâtrale avait pour but de redynamiser les régions en apportant du lien social, à travers le théâtre populaire. Un des artistes précurseurs de ce mouvement fut Jean Villar, à qui l’on doit le festival d’Avignon. Par une démarche volontaire d’artistes et de politiques, le théâtre sort des « hauts lieux culturels » pour rencontrer la vie, entrer dans le quotidien des français.

Comment est née l’idée d’un Centre dramatique à Saint-Laurent ?

C’est véritablement la rencontre entre les artistes et Léon Bertrand, maire de Saint-Laurent à l’époque, qui a permis à cette structure de voir le jour. Tout d’abord sous le prisme de la musique, puis progressivement le théâtre a trouvé sa place, dans un projet structurant pour cet espace multiculturel. Il s’agissait d’accompagner les jeunes à écrire et dire leur culture, tel un laboratoire, d’où ont émergés les premiers acteurs qualifiés.

Quels sont les enjeux du label scène conventionnée ?

Kokolampoe scène conventionnée pour un théâtre équitable, se construit dans une idée de formation et de quête d’excellence. Si le conventionnement ministériel est une reconnaissance, c’est aussi un contrat d’objectifs :

– accueillir des spectacles nationaux (hexagone et dom), des résidences d’artistes venus du monde entier, mener des expérimentations pour l’exploration du théâtre sous toutes ses formes et dans tous ses métiers

– être dans la transmission à travers des formations universitaires de haut niveau et des masterclass, avec le partenariat de L’ENSAT, de l’université de Guyane et d’autres théâtres écoles de renom, et ainsi faire sortir des professionnels du spectacle qui vivent de leur art, malgré la conjoncture locale

– relever le défi de continuer à s’inscrire dans le melting-pot culturel et linguistique unique de l’ouest guyanais

C’est cette synergie qui donne au centre dramatique Kokolampoe cette couleur si particulière et lui permet de contribuer au développement culturel et économique du territoire.

Quid de son encrage sur le territoire régional justement ?

Le centre dramatique Kokolampoe, établissement d’intérêt national, fruit de la politique de décentralisation, est d’autant plus imbriqué et impliqué dans le territoire, qu’il n’est pas soumis comme les CND, à la nomination ministérielle d’un directeur pour 3 ans.

Dans les Antilles et en Guyane, on assiste à la naissance d’un schéma régional fortement ancré dans son territoire, avec un dialogue qui se construit avec les pays de la caraïbe et le Suriname.

Les Brigades théâtrales

Kokolampoe, Scène conventionnée.
Pour un théâtre équitable.
Créations théâtrales 2021
du Centre dramatique Kokolampoe

 

Fables, contes, clowneries et courtes pièces de théâtre.

TOUT PUBLIC

–––––––

Les brigades, c’est un collectif de comédiens guyanais, issus du théâtre école Kokolampoe (TEK), qui propose d’amener le théâtre dans les quartiers. Ils jouent « chez l’habitant », avec une économie de moyens : juste eux et le public.
Textes de grands auteurs et langues métissées, petits et grands s’y retrouvent et s’émerveillent. L’idée est d’offrir un théâtre de qualité, dans une ambiance conviviale et interactive.

  • A deng switi toli (Contes pour enfants)
  • Fables sur les bords du Maroni
  • Brèves de couples
  • Bonu
  • Mi di ou beii pina – celui que tu maltraites

Mise en scène : Ewlyne Guillaume
Comédiens : Christian Tafanier, Myslien Niavai et Kimmy Amiemba

SPECTACLE GRATUIT !
Du 20 juin au 31 juillet 2021
Les dates et horaires seront précisés sur la page facebook et le profil instagram ultérieurement.

 

Sissi et la Lune

Kokolampoe, Scène conventionnée.
Pour un théâtre équitable.

 

Compagnie Libi na weli en coprodution avec Touka danse

DANSE

–––––––

Sissi signifie soleil en langage Wayana. Tout commence par une nuit noire, le jaguar, maître de la nuit, se promène. La Lune, astre mystérieux et solitaire, stimule l’émergence des mythes : il paraît que la Lune est une femme avec de longs cheveux, qu’elle brosse en attendant sont bien aimé Soleil…
Plusieurs mythes d’Amérique latine se rejoignent autours du soleil et de la lune. Il ne s’agit pas de les représenter, mais de s’immerger dans ce qu’il en découle : des émotions, des gestes, des sentiments et plus encore. Plusieurs personnages emblématiques racontent ces histoires, qui voyagent à travers les générations : le roi soleil Inti du Pérou, Manman dilo de Guyane, le Jaguar et puis bien sûr la Lune !

Danseurs : Samuel Seling, Jacqueline Sierra
Chorégraphe : Jacqueline Sierra


Touka_danses_logo_cdnc

Rencontre avec Marie-Gabrielle Hadey Saint-Louis

Directrice de IUFC, Université de Guyane

Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre rôle au sein de l’Université ?

Depuis février 2021, je suis la directrice de l’Institut Universitaire de Formation Continue. A l’origine, je suis enseignante agrégée d’anglais ; j’enseigne la civilisation britannique. Je suis arrivée en Guyane en 2015, au moment de la création de l’Université. J’ai la responsabilité de la filière langue, qui regroupe 3 licences : anglais, LEA et licence professionnelle tourisme. La filière langue est celle qui rassemble le plus grand nombre d’étudiants. Je contribue à l’élaboration et à l’écriture du contenu de ces formations.

Étiez-vous présente lors de la création du DUPMA ?

En effet, je suis là depuis le début. Tous les DU doivent être rattachés à une composante de l’Université et celui-ci est rattaché au département lettres et sciences humaines. C’est à ce titre, que le directeur de l’IUFC de l’époque avait dirigé Serge Abatucci et Ewlyne Guillaume vers moi, en tant que directrice adjointe du département lettres. J’ai participé activement à la naissance de cette formation et à l’écriture de la maquette. Mais la difficulté a été de mobiliser les professeurs du département lettres et sciences humaines sur ce projet. J’étais membre élu des instances de décision et j’ai eu l’honneur d’en présenter la maquette en commission.

Pourquoi vous êtes-vous investie dans ce projet ?

Il me tient à cœur, parce que j’adore le théatre. Je m’y suis vraiment engagée à titre personnel. J’étais prête à venir à Saint-Laurent pour donner des cours sur le théâtre shakespearien. Le défi que j’ai aujourd’hui en tant que directrice de l’IUFC, c’est d’associer plus étroitement les collègues du département LSH à ce DU.

Ce qui me plait dans la démarche du Centre Dramatique, indépendamment de la collaboration administrative et pédagogique avec l’Université, c’est ce projet de transformer un lieu d’enfermement et de souffrance, en un lieu d’art et d’ouverture. C’est symboliquement fort.

Quelles ont été les retentissements de la crise sanitaire sur les formations de l’IUFC ?

Elle a fait évoluer l’organisation des formations vers le format hybride : une part des cours en présentiel et une autre à distance. Pour cela, l’université a acquis une licence zoom par formation. Dans le cas du DUPMA par exemple, il y a beaucoup d’intervenants professionnels extérieurs, cela représente un certain budget de les faire venir. Réduire la part des cours en présentiel, permettrait de diminuer le coût des formations et d’ouvrir l’accès à un plus grand nombre d’étudiants.

C’est pourquoi, nous travaillons à la mise en place d’une plate-forme de mentoring, qui permettrait aux étudiants d’avoir un suivi personnalisé à distance pour l’ensemble des filières.

Quels sont les perspectives d’évolution de l’offre de formation pour les métiers du spectacle ?

Nous avons échangé avec l’ENSATT, partenaire de la formation, à ce sujet. Sur le prochain contrat quinquennal de l’Université, il est difficile d’envisager l’ouverture d’autres formations ou la transition cers une licence ; du point de vue financier ou des ressources humaines. L’idée aujourd’hui, est de mener à bien une seconde promotion pour avoir un certain recul sur la formation et ses débouchés. L’Université fera un bilan pédagogique et une enquête auprès des diplômés à N+1. Nous aurons alors suffisamment d’éléments pour inscrire ce DU au niveau des répertoires spécifiques ou nationaux. Ce qui permettra d’avoir le soutien de la profession et de diversifier les possibilités de recrutement et de financement.

Ce qui est important également, c’est de renforcer les liens avec les Universités des Antilles (Guadeloupe et Martinique), afin que les étudiants et les compétences puissent davantage circuler.

Comment envisagez-vous le recrutement de la deuxième promotion ?

La première étape est la candidature sur la plate-forme e-candidat. Ensuite, un entretien est absolument nécessaire, car la formation est très exigeante et payante. Il est important de recevoir les candidats, interagir avec eux pour savoir “ce qu’ils ont dans le ventre”.  Le DUPMA est sur 2 ans et demande beaucoup d’investissement ; il faut être passionné ! Des jurys de sélection seront organisés en collaboration avec l’équipe du Centre Dramatique en présentiel ou en visioconférence. Notre ambition pour les étudiants, c’est la réussite.

Rencontre avec Humphrey Amiemba

Régisseur

Pouvez-vous nous parler de votre métier ?

Ce métier, c’est ma passion. Ce qui me passionne, c’est la polyvalence. On touche à tout ce qui fait le spectacle. Moi, j’ai commencé à jouer de la musique à l’âge de 12 ans. Aujourd’hui, même si je ne suis plus musicien à plein temps, je suis dans la continuité. Travailler sur le son, la lumière, le plateau, c’est créer une autre forme de musique. Bien sur en tant que technicien, on balaye plusieurs aspects, mais chacun a son domaine de prédilection et moi c’est le plateau, les installations, les constructions, participer à la scénographie. C’est vraiment mon truc.

Comment êtes-vous arrivé au centre dramatique ?

Je suis arrivé en 2012 pour la première promotion de la formation de technicien du TEK. Il y avait 8 techniciens et 15 comédiens. Je faisais partie d’un groupe et j’étais musicien. c’est comme cela que j’ai rencontré Serge Abatucci. Il venait régulièrement au village participer à nos fêtes et assister à nos concerts. Il nous a invité à voir des spectacles au théâtre. J’y ai été avec des membres du groupe et ça m’a plût. Un jour, il m’a parlé de l’ouverture de la formation. Ça m’a tout de suite intéressé, car c’était en rapport avec le spectacle ; il y avait un peu tous les domaines techniques (électricité, menuiserie…) un peu comme je faisais déjà avant, mais c’était structuré.  Alors, je me suis dit que j’allais essayer. J’ai fait trois mois de stage probatoire, durant lequel j’ai suivi la formation de comédien avec Ewlyne Guillaume. C’était lourd et rigoureux, mais ça m’a permis de comprendre la place des comédiens. Et puis la formation technique a commencé.

Qu’est-ce que cette formation vous a apporté ?

Les trois premiers intervenants m’ont particulièrement marqué : Pierre Mélé, Marc Simoni et Pascal Laajili. C’est vraiment auprès d’eux que j’ai développé mes compétences techniques. Ce sont des professionnels avec un grand savoir-faire et qui m’ont montré l’étendue des possibilités du métier. Parfois, je prenais plus de temps que les autres pour comprendre une notion, mais j’étais super motivé. Alors Pascal proposait de rester une heure de plus avec moi à la fin des cours, pour approfondir. Tout ça m’a beaucoup aidé.

Quel a été votre moment marquant ?

À vrai dire, c’est un spectacle, celui de la promotion 2014 : l’Illiade. J’étais à la fois technicien et comédien. La scénographie était très complexe, mais justement c’était excitant de travailler dessus. Je suis vraiment fier d’y avoir participé. Il y en a quelques photos sur le site internet Kokolampoe.fr.

Après votre formation, vous auriez pu partir travailler ailleurs, qu’est-ce qui vous a convaincu de rester ?

En 2013, alors que ma formation n’était pas terminée, on m’a proposé un contrat de 20h par semaine. Je travaillais après les cours et sur les spectacles. Ça m’a permis de me familiariser plus vite à l’environnement et finalement je m’y sentais bien. Alors lorsque la formation s’est achevée, j’ai accepté un poste à temps plein. Mais j’ai quand même un peu travaillé à l’extérieur, notamment au Festival de Cognac en 2015 en tant que technicien et au Festival d’Avignon en 2014 en tant que comédien. C’était de bonnes expériences. Et puis, ici, je travaille sur le FIFAC. Il y a beaucoup à faire en Guyane.

Qu’en a pensé votre entourage lorsque vous avez choisi cette voie ?

Jusqu’à maintenant, il y en a qui ne savent pas ce que je fais. Mais ils s’intéressent, ils viennent voir les spectacles, ils me demandent en quoi ça consiste exactement. Aujourd’hui, je suis régisseur et je m’occupe de tous les aspects nécessaires au bon déroulement technique des spectacles, avec Serge Abatucci, qui supervise le tout. Il y a beaucoup à faire et à gérer : l’entretien du matériel, des bâtiments, la sécurité des cases, accueillir les artistes durant leur séjour en résidence, manager les équipes qui viennent en renfort sur les événements…

Quel regard portez-vous sur l’évolution du centre dramatique depuis 2012 ?

Le Centre s’est beaucoup développé ; les spectacles et le festival des Tréteaux du Maroni gagnent en qualité tous les ans, que ce soit sur l’organisation générale ou la technique spécifiquement. Il y a plus de spectacles et plus de demandes de résidence. Ce qui est bien, c’est qu’il y a aussi de plus en plus de saint laurentais qui viennent et qui s’intéressent au théâtre. Et pas seulement pour voir des spectacles, mais aussi pour apporter quelque chose, comme Samuel Selig et les jeunes sans limites, qui participent à la scène ouverte des Tréteaux. Maintenant, il faudrait que cette évolution se ressente aussi dans les installations. Pour l’avenir proche, mon souhait serait qu’on ait une plus grande salle pour pouvoir accueillir plus de public. Il est là, il est demandeur et de plus en plus souvent on ne peut pas tous les recevoir. Ça serait vraiment une belle évolution.

Rencontre avec Antonin Gellibert

Quel est votre métier ?

Mon métier principal, c’est costumier. Je travaille pour des compagnies de théâtre, le cirque ou l’opéra ; de temps en temps pour le cinéma ou la danse. Un peu tout ce qui est lié au costume de scène. J’aime cette variété du spectacle vivant. Je découvre de nouvelles approches, avec des moyens différents. Par exemple, en venant à Saint-Laurent, j’amène le savoir-faire et l’exigence que j’ai acquis à l’opéra. Et inversement, lorsque je retourne à Paris, je ramène avec moi la créativité qu’on a ici, la capacité à s’adapter, à être rapide et efficace. C’est toujours intéressant de faire communiquer les régions à travers le spectacle.

Parallèlement à cela, je porte le projet artistique d’une compagnie, les anthropomorphes. Nous réalisons des performances, qui passent souvent du costume. C’est partie d’une envie d’aboutir à des projets qui soient complètement les miens, car je pense que pour rester créatif, c’est important de créer pour soi. Ça nourrit aussi pour apporter aux compagnies avec lesquelles on travaille. Pour moi, tous les gens de spectacles sont des metteurs en scène, car chacun met en scène à son niveau : en tant que costumier, on amène des costumes qui vont sur scène, les comédiens y apportent leurs idées. D’ailleurs, les metteurs en scène sont souvent d’anciens comédiens. Les gens de la technique sont aussi des artistes, et on a tous quelque chose à raconter, à apporter. On peut avoir des points de vue différents et qui amènent autre chose à l’ensemble.

En plus de cela, je fais de la scénographie, je monte parfois sur scène également, selon les projets.

Vous avez toujours voulu être costumier ?

En fait, j’ai commencé par des études scientifiques. J’ai fait une prépa en biologie, domaine que j’aimais beaucoup. Mais, je n’aimais pas du tout la prépa. J’ai rencontré quelqu’un qui faisait des vêtements et j’avais besoin de voir autre chose. Alors, un peu sur un coup de tête, j’ai décidé de m’inscrire dans une école pour apprendre à en fabriquer moi-même, je trouvais cela très créatif, ça me fascinait. Je suis donc renté à ESMOD à Paris. C’est une école très orientée stylisme modélisme. Je me suis vite rendu compte que le milieu de la mode n’était pas fait pour moi, que je n’avais rien à y apporter et c’était assez réciproque ! Heureusement, il y avait une troisième année de spécialisation en création scénique. J’ai alors entendu parler de l’ENSATT, j’ai tenté le concours et je l’ai eu. Ça été la révélation, je m’y suis tout de suite senti chez moi.

Il ne s’agissait pas que des costumes, mais être avec des étudiants dans d’autres filières du spectacle (comédie, lumière, son). Cette rencontre avec d’autres métiers et d’autres façons de travailler, j’ai trouvé que c’était extraordinaire. Dès ma sotie de l’ENSATT, j’ai été embauché et ça fait dix ans que ça s’enchaine, notamment grâce à l’ENSATT.

C’est un métier que je trouve passionnant, j’aime la couture certes, mais encore une fois les rencontres sont un élément central. Par exemple sur le spectacle de La Véridique Histoire du petit chaperon rouge, sur lequel je travaille actuellement, est également présent un scénographe camerounais, Dieudonné Focou. Il fait des choses extraordinaires et complètement différentes de ce que j’ai pu connaitre, c’est très enrichissant. Et évidement, il y a également les voyages, dans tous les sens du terme, qui permettent de découvrir de nouveaux endroits, que ce soit par les tournées en France métropolitaines ou en allant aussi loin qu’en Guyane. J’ai découvert des lieux que je n’aurais pas connus autrement et c’est vraiment génial.

Comment s’est passée votre rencontre avec le théâtre ?

C’est l’ENSATT qui m’a appelé et m’a proposé de travailler sur Le Songe d’une autre nuit. Je me suis demandé pourquoi moi ? J’ai une petite théorie là-dessus ; j’avais fait mon mémoire sur la manière dont les costumiers pouvaient être utiles à la rencontre entre les cultures et j’ai toujours pensé que le choix de me contacter devait être lié à ce mémoire. Quand on m’a parlé du montage de cette pièce en Guyane, avec des étudiants en fin de cursus, j’ai répondu oui sans aucune hésitation. J’étais prêt à partir dès le lendemain si nécessaire.

Mes premières expériences professionnelles se sont déroulées en Arménie ou en Finlande, donc être dans l’inconnu n’était pas une nouveauté. Mais l’inconnu guyanais n’est pas l’inconnu finlandais… Avant de partir, j’avais rencontré Jacques Martial, le metteur en scène, quelqu’un de passionnant. Du coup mon premier contact avec la Guyane, c’était à travers lui, qui m’a raconté son vécu.

Ma mission était double lorsque je suis arrivé : faire les costumes pour ce spectacle de fin de promotion et parler du costume aux étudiants, en tant qu’intervenant. Qu’est-ce qu’un costume, comment ça s’utilise ? Ce ne sont pas juste des vêtements. C’était une grande première pour moi, j’avais un peu la pression, car comme pour tous les projets, j’avais vraiment envie de réussir. J’ai appris à adapter ma façon d’aborder le sujet avec des étudiants non-costumiers.

Pour la partie costume, nous étions trois : il y avait une stagiaire de l’ENSATT, guyanaise d’origine et Sueli qui s’occupait des costumes au théâtre. J’ai apprécié leur présence et leur soutien. Ensemble, nous avons beaucoup travaillé et nous sommes même allés à Paramaribo, acheter du matériel. La rencontre avec le bagne aussi était particulière, car j’en avais entendu parler, mais il ne faisait pas parti de ma réalité.

Aujourd’hui, je reviens et tout cela est encore présent, mais ce qui me paraissait être l’aventure il y a sept ans est devenu la maison. Depuis ce premier projet, je reviens quasiment tous les ans. J’ai pris mes habitudes. La case costume a pris de l’ampleur et s’est professionnalisée et le camp m’est devenu plus familier.

Y a-t-il un spectacle qui vous a plus marqué qu’un autre ?

J’ai fait deux fois des sorties de promotions, deux fois du Shakespeare. Et j’ai également travaillé sur les créations du centre dramatique, en particulier sur les textes de Gustave Akakpo. C’est une rencontre littéraire qui m’a marqué, même si je ne l’ai jamais rencontré en vrai. Je trouve que ses textes sont vraiment très contemporains, tout en étant faciles d’accès et sans renoncer à l’exigence au niveau de l’écriture. C’est un peu mon idéal de théâtre contemporain, qui raconte avec une langue nouvelle, des choses d’aujourd’hui. Parce que ce n’est pas juste un auteur africain, c’est un auteur d’aujourd’hui et je trouve qu’il y a une certaine résonance de ses textes ici. A chaque fois c’est un plaisir de voir la mise en scène qu’en fait Ewlyne Guillaume et le travail des comédiens.

Quelles sont vos projets ?

Pour moi, c’est une année assez particulière, parce que cela fait dix ans que j’ai commencé à travailler. J’ai rempli les objectifs que je m’étais fixés professionnellement. C’est donc le bon moment pour faire le point et voir comment j’ai envie de mener ma carrière pour les dix prochaines années. Il y a potentiellement un projet avec Jacques Martial à la saison prochaine, pour lequel je ferais les costumes. Et je trouve assez génial de collaborer à nouveau avec Jacques, en Guyane, sur un spectacle très différent, mais qui sera aussi très beau.

Et puis j’ai aussi envie de donner plus de place à ma compagnie, je pense que je me plairais à répartir mon temps autrement. Peut-être présenter quelque chose en Guyane, au centre dramatique. J’aimerais beaucoup.

Invitations, adhésions et donations

Chères adhérentes et chers adhérents, KS and CO,

Une nouvelle et riche programmation est annoncée avril 2021 au centre dramatique Kokolampoe, le mois du Festival les Tréteaux du Maroni. Pour cette ouverture théâtrale nous vous présentons la pièce

“La véridique histoire du Petit Chaperon rouge” de Gustave AKAKPO (à partir de 12 ans)

Jeudi 8 avril 2021 à 20 h au camp de la Transportation, Théâtre de Verdure.

Nous vous invitons à partager à la fin du spectacle un buffet convivial.

Les amies du théâtre, Guylène Constable, Isabelle Morisset, Annie Périer

* A cette occasion, vous pourrez renouveler votre adhésion de 15 euros pour l’année 2021. Merci de réserver par retour de mail.

L’adhésion et ses avantages

Adhérer à l’association KS and CO c’est l’occasion de soutenir la compagnie dans son travail de création et pour cela, nous vous remercions pour votre engagement.

  • La carte d’adhésion est valable un an à partir de la date d’achat, elle vous donne accès à des tarifs préférentiels sur tous les spectacles et toutes les dates, dans la limite des places disponibles. Elle vous hisse en priorité de la liste d’attente des achats de place toute l’année et aussi pendant la période du festival des Tréteaux du Maroni.
  • Avec la carte d’adhésion, vous allez profiter des moments conviviaux avec l’équipe du théâtre et les artistes programmés.
  • Le prix de la carte d’adhésion est de 15 €.

Comment adhérer et retirer la carte d’adhésion ?

Vous pouvez faire une adhésion à l’aide du formulaire ci-dessous.

Formulaire d’adhésion à l’association KS and CO

Une fois votre adhésion validée, vous pourrez retirer votre carte d’adhérent au théâtre à l’occasion d’une représentation.

Donateurs et bienfaiteurs,

Vous pouvez aussi participer à une hauteur financière plus conséquente pour nous aider à développer nos projets. L’ouverture de déductions fiscales est possible pour les particuliers et les entreprises.

Cordialement et théâtralement votre !


Les Tréteaux du Maroni 2021

REVUE DE PRESSE ET PROGRAMMATION 2021

…Un théâtre de la diversité sur un territoire où cohabitent de nombreuses langues et cultures…

Magazine La Scène

…En 2006, la Compagnie KS and CO crée le Festival Les Tréteaux du Maroni qui, dès son édition 2009, devient le Festival du Bout des Mondes, Festival international des Arts de la Scène. Cirque, danse, happenings de rue, théâtre, musique, toutes les disciplines sont invitées à participer à cette fête du théâtre dans tous ses états. Le développement de coopérations avec des acteurs culturels et institutionnels de la région Amazonie-Caraïbe a permis la naissance d’un réseau artistique et culturel inter-régional. La mise en place, en 2010, de partenariats avec le Gouvernement Belge, le Théâtre des Doms, vitrine de la création francophone belge en Avignon, et les équipes artistiques de Belgique invitées a augmenté encore le rayonnement du Festival et renforcé la mise en réseau initiée avec la Grande Région en l’inscrivant dans un réseau européen plus large. Avec le Festival Les Tréteaux du Maroni, la Compagnie KS and CO met en œuvre un théâtre de la diversité sur un territoire où cohabitent de nombreuses langues et cultures…

Magazine La Scène

…Ce festival ouvre le débat sur la place et la circulation du théâtre dans une grande région où les langues sont multiples et souvent orales…

Magazine La Scène

…Cette dimension internationale est ainsi une opportunité supplémentaire pour l’Ouest Guyanais d’échanger dans le domaine du théâtre et de la culture et d’établir et consolider des réseaux avec, en premier lieu, les pays voisins d’Amérique du Sud et du Nord, les pays de la Caraïbe mais aussi avec des pays d’Europe, d’Orient, d’Afrique…

La Lettre du spectacle


PROGRAMMATION 2021


La véridique histoire du Petit Chaperon rouge - Les tréteaux du Maroni 2021

© Antonin Boyot Gellibert

La véridique histoire du Petit Chaperon rouge

THÉÂTRE | CRÉATION 2021 | à partir de 12 ans

Centre dramatique Kokolampoe


Congo Square - Les tréteaux du Maroni 2021

© Tamangoh

Congo Square

DANSE ET MUSIQUE JAZZ | spectacle familial, à partir de 8 ans

Compagnie Urban Tap


Marielle en vrai - Les tréteaux du Maroni 2021

© Yamil Karam

Marielle en vrai

SEULE EN SCÈNE | à partir de 15 ans

Marielle Salmier et Ricky Tribord


fœtus - Les tréteaux du Maroni 2021

© Alice lauréat

Fœtus

SEUL EN SCÈNE | à partir de 15 ans

Compagnie Les voleurs de soleil


Pinocchio - Les tréteaux du Maroni 2021

© Véronique Norca

Pinocchio

THÉÂTRE | à partir de 7 ans

Diplôme Universitaire de Préparation au Métier d’Acteur (DUPMA)


Dé mo kozé, Respé lanmou

CONTE | spectacle familial

Jean-Claude Duverger


À voir également en marge des spectacles…


portraits-de-territoire - Les Tréteaux du Maroni 2021 - © Renan Liétar

© Ronan Liétar

Portraits de territoire

EXPOSITION | CDN Les Tréteaux de France et Centre dramatique Kokolampoe | Photographies Ronan Liétar


UN CINÉMA ENFANT

  • Pat et Mat
  • Zibilla ou la vie zébrée
  • Ma mère est une super héroïne
  • Moonrise Kingdom

DES PERFORMANCES

Wayne Monroe | Graffeur

Dieudonné Fokou | Plasticien

Samuel Selig | Danseur


UN ESPACE SCÈNE OUVERTE

Avec la participation de l’Atelier des Étoiles (Cirque), d’étudiants du Cours Florent (Théâtre), de l’atelier du Collège Albert Londres (Comédie musicale), Compagnie Jeunes Sans Limites (Danse)

Ouvert à tous !

Du 22 au 25 avril 2021


VOIR LE SITE INTERNET DU FESTIVAL


Télécharger le programme-LTDM2021


NOS PARTENAIRES POUR LE FESTIVAL LTDM_2021