Rencontre avec Bérékia Yergeau

Comme l’oiseau, c’est l’histoire d’une famille guyanaise ordinaire, qui se retrouve prise au piège d’un trafic de drogue. Lors de la résidence de la compagnie Maztek en septembre 2020, Bérékia Yergeau, metteure en scène de la pièce, nous a fait le plaisir de nous en dire quelques mots.
Comme loiseau - ©Véronique Norca-Kokolampoe-saison-2020-2021-St-laurent du Maroni

Comme l’oiseau – © Véronique Norca

Pourquoi ce sujet ?

Je dirais d’abord que je me suis intéressée au sujet par curiosité. Vu mon parcours, ma classe sociale et ma condition, j’ai énormément de difficultés à comprendre comment des gens peuvent se risquer pour si peu ? dès lors a commencé mon questionnement. Comment est-ce qu’en 2020 on peut être dans un pays des plus riches sur terre et avoir des gens, au-delà d’être prêts à prendre le risque, on cette nécessité de le prendre ?

J’utilise ce sujet comme prisme d’un questionnement sur tout le poids social qui pèse sur nous, ce qu’on accepte de faire ou d’ingérer, pour y répondre. Moi, j’ai grandi au Canada et je fais le parallèle avec des affiches publicitaires pour participer à des études pharmaceutiques, dans les bus. Si tu es un peu mal dans ta vie, tu peux être tenté. C’est très bien payé, mais c’est aussi très dangereux et si ça se ne se passe pas bien, tu ne pourras pas revenir en arrière.

Comment avez-vous construit l’histoire ?

Je travaille sur ce projet depuis 2017. Il a débuté par une enquête, où j’ai cherché à rencontrer des personnes qui avaient déjà suivi le processus, des parents dont les enfants étaient en prison, des ex-détenus qui donnaient leur point de vue sur la réinsertion. Cette année-là, j’ai également commencé l’écriture du texte.

Comment s’est déroulé le processus de création ?

C’est une production itinérante, qui a permis des collaborations dans des lieux différents, avec des personnes d’horizons différents. C’était une dynamique importante du projet, qui a ajouté aux propos et fait sens sur la notion d’itinérance, de parcours et de cheminement des personnages.

Nous avons joué pour la première fois au théâtre Kokolampoe en 2019, puis nous avons fait une pause d’un an, jusqu’en aout 2020. Lors de la résidence de septembre, au centre dramatique, nous avons approfondi le travail d’écriture : précisé la consistance des personnages, leur évolution, leurs motivations. Nous avons aussi travaillé sur la mise en scène, accompagné de Serge Abatucci ; ainsi que sur les costumes avec Léa Magnien et la chorégraphie avec Muriel Merlin.

Comment avez-vous choisi les acteurs ?

À la base, Roland Zeliam, Noémie Petchy et Anahita Gohari sont trois personnes avec qui j’avais vraiment envie de travailler. Je trouvais intéressant d’avoir trois générations sur le plateau. Car souvent on a tendance à associer les mules aux jeunes uniquement, or selon moi, ce n’est pas vrai. Leurs choix éclaboussent la réalité de leur entourage/société. Ils sont nés d’une situation politique et économique précaire, qui était là bien avant eux et qui concerne toutes les générations.

Au-delà de ça, dans la démarche de constitution de l’équipe artistique, j’avais envie de collaborer avec un maximum « d’acteurs » de Guyane ; des personnes encrées dans leur territoire.

Si vous avez manqué la représentation du mois de novembre, jouée à guichets fermés, réjouissez-vous ! D’autres dates sont prévues en février 2021 et un projet de court-métrage avec le réalisateur guyanais Marvin Yamb est à venir.

Retrouvez toutes les informations dans la newsletter de janvier. D’ici là, toute l’équipe du centre dramatique vous souhaite de joyeuses fêtes !

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